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| Johnston Foster |
| Token Omen |
| 18 septembre - 5 décembre 2010 |
| Vernissage le 18 septembre à 18h, suivi d’un concert de Al Foul à 20h au CAB |
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Dossier de presse
Johnston Foster |
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L’artiste a choisi d’intituler sa deuxième exposition personnelle au CAB « Token Omen », soit le présage symbolique.
Chacune des pièces de cette nouvelle exposition évoque à sa manière la perte ou le désastre, thème cher à l’artiste. En effet, on trouve peu de figure humaine chez Johnston Foster car à la manière des fables antiques et des différentes mythologies, elle s’efface de son œuvre au profit d’une allégorie animalière de nos comportements. Ce qui permet ainsi à l’artiste de porter un regard sans complaisance sur notre société de consommation dont les excès se manifestent de plus en plus sur l’évolution de notre environnement. Car si l’œuvre de Johnston Foster utilise un langage visuel issu de la pop culture et semble à première vue amusante, rassurante et positive, elle traduit surtout les inquiétudes de l’artiste face au monde occidental contemporain et à ses excès. Collectionnant détritus et déchets, l’artiste s’en empare pour les transfigurer à travers ses œuvres. Mais Johnston Foster ne se contente pas de recycler les matériaux qu’il ramasse, il y puise l’inspiration qui le guide dans son travail. L’on comprend mieux pourquoi Johnston Foster est ainsi considéré comme un des artistes les plus engagés de sa génération. À l’occasion de cette exposition, Johnston Foster réalisera une œuvre in-situ inédite. Johnston Foster est né en 1978 à South Boston (EU), il vit et travaille à Richmond (EU). |
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Les "découvertes" du cab sont fixées au : dimanches 31 octobre - 7 novembre - 21 novembre - 1er décembre à 11h30 et à 14h.
mercredis 27 octobre - 3 novembres - 17 novembre et 5 décembre sur rdv.
Cette exposition est réalisée grâce au soutien de la Ville de Grenoble, de la Régie du Téléphérique, de la Drac Rhône-Alpes, de la Région Rhône-Alpes, du Conseil général de l’Isère et de fonds privés grâce aux mécénats d’entreprises et de particuliers. Nous remercions RARE Gallery. Le CAB est membre de DCA, association pour le développement des centres d’art. |
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| Œuvres présentées |
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Catch of the day
2009, plywood, vinyl flooring, baby pool, plastic trash can,
vacuum hose, plastic table cloth, vinyl, racket ball, marbles, screws. |
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High Plains Drifter
2009, plywood, pvc, metal fence, leather screws, chair, bitke tire,
wine bottle, plastic bags, plastic hose, mop head, rake scrap metal |
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The Domain
The Frontier
The Outland
The Wasteland
4 ruches et leurs insectes
2010, plastic table cloths & garbage bags, wire, plastic ties, hot glue,
screws, Sharpie |
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Fucking Rats
2010
Production in Situ -
Fabrication lors du vernissage |
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Happy Brother
2010
Production In SItu - CAB |
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| Photogaphies réalisées par Laurent Salino et Clément Longin. |
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| Autour de l’exposition |
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| Johnston Foster : entretien |
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Selon toi, y’a-t-il une différence entre art américain et art européen?
C’est une grande question! Je pense qu’en Europe, être un artiste… C’est être bien plus accepté
et soutenu par le public. Il me semble plus facile d’être artiste en Europe, les choix artistiques
et créatifs y sont moins conduits par le marché… J’ai l’impression que les artistes y sont plus
soutenus et en même temps, ils possèdent aussi une grande liberté artistique… Mais l’état de l’art
contemporain en Europe, en Amérique et dans le reste du, monde est si divers qu’il est difficile
de comparer. Il n’y a pas de standards de médium, de philosophies ou d’approches… Ce qui rend
difficile toute comparaison formelle ou même conceptuelle de ces pratiques contemporaines… Je
dirais que l’art européen tend à être un peu moins visuel et plus conceptuel là où l’art américain
semble être plus dans le faire, dans la matérialité… On est peut-être plus dans l’objet, le produit aux
Etats-Unis….
Ce que tu dis au sujet de la matérialité de l’art américain est intéressant, cela semble effectivement
le cas dans ton travail, n’est-ce pas ? Car en premier lieu, tu utilises des matériaux recyclés, et dans
un second temps, beaucoup de tes travaux parlent de la consommation. Pourquoi as-tu décider
d’utiliser des matériaux recyclés, pourquoi est-ce important pour toi de parler de la
consommation?
Je collecte et j’amasse des objets et toutes sortes de matériaux depuis que je suis petit. J’ai
toujours été attiré par les objets trouvés et par le fait de transformer ces objets, ces matériaux en de
nouvelles choses… Ce type de transformation, d’alchimie m’a toujours fasciné. Cela vient sans doute
de mon intérêt pour tout ce qui touche à la survie, à la survivance… Et lorsque l’on n’a pas beaucoup
d’argent pour travailler, c’est finalement très simple de se procurer des matériaux de cette manière:
il est très facile d’accéder à tout ce que jettent les gens, il n’y a qu’à regarder autour de soi, tout
ce gaspillage… L’opulence du monde occidental a conduit à cette consommation de masse et aux
déchets qui en résultent. Nous sommes tous les consommateurs d’une certaine façon, mais c’est
surtout les déchets de cette consommation qui m’intéressent. Ce que je trouve intéressant dans
cette manière de procéder, c’est que chaque objet que tu utilises possède déjà une histoire et une
énergie. Elles me guident souvent dans mon travail en cours, avant même de les intégrer dans mes
sculptures. Leur histoire, leur énergie s’en trouvent ensuite amplifiées dans mes oeuvres.
Ton travail est très critique envers la société, mais il est aussi très coloré et joyeux, peux-tu nous
expliquer pourquoi?
Je veux que mes sculptures soient critiques et positives en même temps, qu’elles contiennent
autant les hauts que les bas d’une situation. S’il y a ainsi beaucoup de violence et de désespoir dans
mon travail, c’est que je n’essaye pas de l’enjoliver pour qu’il soit plus facilement perceptible. Je suis
juste un grand fan de couleur et j’aime la vibration et l’émotion qu’elle peut procurer. J’espère que la
joie et la couleur que l’on perçoit au premier coup d’oeil entraînent ensuite le spectateur à regarder
de plus près mes oeuvres et à y découvrir les autres significations qu’elles contiennent et le drame
qui peut s’y dérouler.
Il y a finalement peu de figures humaines dans ton travail, pourquoi ?
J’ai travaillé avec dans le passé et ça m’intéresse toujours mais j’ai constaté que la figure humaine la plus importante dans mon travail reste le spectateur, celui qui regarde l’œuvre. Je veux que le
travail agisse comme un miroir dans lequel le spectateur se regarde. Souvent, dans mon travail, les
animaux prennent la place des hommes, ce sont des métaphores, comme on en trouve dans les
mythologies du monde entier et dans les fables, de sorte qu’il y a finalement toujours une présence
humaine dans mon travail… Elle est juste travestie.
Peux-tu nous parler des oeuvres qui seront présentées dans l’exposition au CAB?
Les œuvres parlent de l’adaptation face à l’évolution possible de nos conditions de vie, et
notamment des conséquences liées à cette survie. Ainsi, certaines des créatures présentes dans
les sculptures se portent mieux que les autres. L’exposition s’intitule ainsi Token Omen car ces
sculptures peuvent être appréhendées comme les signes précurseurs d’un futur proche et de
notre adaptation à ce futur, qu’elle soit mystique, scientifique ou social. Nous ne percevons peut-être
pas tous les changements qui se produisent en ce moment dans le monde, qu’ils soient politiques,
sociaux ou environnementaux mais nous savons déjà que nous en subissons certaines
conséquences dans notre vie sans toutefois parvenir à les gérer. Le futur est incertain. Ce qui
m’intéresse, c’est cette idée d’évolution, de déplacement des lignes, des sens, que ce déplacement
soit physique ou émotionnel. Token évoque toute une imagerie iconique, universelle, qui est un peu
une constante dans mon travail, quant Omen se veut plus être une réponse à notre futur possible.
Token Omen interroge nos sentiments face à un inconnu perplexe et effrayant.
Tu vas aussi réaliser une œuvre in situ, peux-tu nous indiquer comment tu vas procéder?
Ce type d’approche est toujours exaltant et effrayant à la fois. Je suis toujours très excité par
l’idée de réaliser une oeuvre nouvelle et spécifique pour un lieu. Pour le moment, je ne sais pas
encore vraiment comment je vais travailler, quels matériaux je vais pouvoir utiliser. Tout cela va être
déterminé par ce que je vais trouver sur place. J’ai déjà quelques idées mais ce n’est que lorsque je
serai à Grenoble que je saurai ce qui va arriver. Je veux créer quelque chose qui réponde aux autres
oeuvres aussi bien qu’au lieu lui-même car le CAB est un lieu très présent par son architecture, son
histoire… C’est sans doute le lieu le plus fort dans lequel j’ai exposé. Il est tellement dramatique qu’il
nécessite une réponse spécifique… |
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